2013 SARDAIGNE
2013
BUDONI
Voyage en all inclusive avec Marmara au départ de l'aéroport de Deauville à destination d’Olbia. Nous avons séjourné à l'hôtel Cala Fiorita de Budoni, à seulement 100 m du bord de mer par un beau chemin. Nous étions logés dans des bungalows individuels. Dans l'ensemble, c'est plutôt sympa.
ALGHERO – CAPO CACCIA
Départ à pied de l’hôtel pour aller prendre un bus et louer une voiture à l’aéroport d’Olbia. Nous partions dans l’idée de ne pas faire grand‑chose de cette semaine, ou plutôt de nous reposer, mais nous aimons « déambuler » et découvrir, alors la voiture est indispensable.
Pour notre première grande escapade, ce sera Alghero sur la côte ouest, environ deux heures de route de Budoni. Indispensable de passer voir Capo Caccia au nord‑ouest d’Alghero et la fameuse grotta di Nettuno (grotte de Neptune). Pour cette dernière, nous emprunterons les 656 marches de l’escalier du Cabirol : difficile, long, mais splendide.
On raconte que, certains soirs, la mer se retire juste assez pour laisser entendre une respiration venue du fond de la falaise. Les anciens d’Alghero murmuraient que Neptune, le dieu romain de la mer, cherchait un refuge où se retirer lorsque les tempêtes qu’il déclenchait lui‑même devenaient trop bruyantes — et qu’il avait choisi cette cavité secrète, cachée derrière le lac souterrain. Dans l’obscurité, les stalactites ressemblent à des chandelles figées, comme si le temps s’était arrêté pour ne pas troubler le dieu endormi. Et lorsque l’écho se met à vibrer, très doucement, les guides glissent encore à voix basse : « Ce n’est pas le vent… c’est lui qui écoute. »
Il existe des navettes par bateau depuis Alghero pour ceux qui ne veulent pas descendre et « remonter » les marches.
Maintenant il est temps de passer un peu de temps à Alghero pour découvrir un peu la ville. C’est la plus importante de l’ouest de l’île, rattachée à la province de Sassari.
Installée sur les remparts, cette catapulte rappelle la période où Alghero, forteresse catalano‑aragonaise du XIVᵉ siècle, défendait sa côte contre les attaques venues de la mer. Elle évoque les armes de siège utilisées pour protéger la ville lorsque les bastions formaient l’un des points stratégiques les plus importants de la Méditerranée occidentale.
CÔTE EST VERS LE SUD
LAC CEDRINO
Aujourd’hui nous allons plein sud, nous traversons Dorgali, direction Punta Pedralonga, soit deux heures de route, sans compter les différents arrêts photos… Cette côte Est est riche en orangeraies et le bord de mer est très découpé, avec de belles falaises et des points de vue spectaculaires.
DORGALI
PUNTA PEDRALONGA
ARBATAX
Nous continuons à descendre vers Arbatax où nous déjeunons (pas mémorable du tout). La photo la plus connue, c’est celle du rocher de porphyre rouge à Spiaggia delle Rocce Rosse, une curiosité géologique qui semble jaillir de la mer comme une sculpture naturelle.
On raconte que les rochers rouges d’Arbatax sont les derniers éclats d’un volcan oublié, dont la lave, figée au contact du vent marin, aurait gardé cette couleur de braise éternelle. Les pêcheurs disaient que ce rouge profond venait du feu emprisonné dans la pierre, un feu si ancien qu’il semble encore palpiter au coucher du soleil. Dans les légendes sardes, ces aiguilles seraient les restes d’un géant pétrifié, gardien de la côte, dont le sang aurait teinté la roche. Et lorsque la lumière du soir embrase les falaises, certains jurent voir le géant respirer encore.
ORGOSOLO
Nous reprenons la voiture pour rejoindre Orgosolo, village célèbre dans toute la Sardaigne pour ses peintures murales. J’en avais beaucoup entendu parler : ici serait né le mythe du « bandit sarde », nourri par les récits de bergers, de résistances locales et d’une histoire sociale mouvementée.
Les murs d’Orgosolo racontent tout cela. La plupart des fresques sont engagées : ouvriers contre patrons, bergers contre grands groupes, luttes sociales, mémoire des conflits… Mais on y trouve aussi des scènes plus douces : femmes avec enfants, anciens qui discutent, moments de vie quotidienne.
C’est un véritable musée à ciel ouvert, un street art sarde unique, brut, vivant, qui transforme chaque ruelle en page d’histoire. À ne surtout pas rater.
La phrase en sarde affirme un principe fort : « Nous devons être libres, enfants d’un enseignement respecté, égaux. » Elle exprime l’idée que la liberté et l’égalité sont des droits fondamentaux, transmis comme un héritage moral.
Le texte italien, plus provocateur, dénonce une vision bureaucratique de la maternité : il évoque la valeur économique qu’un État attribue à une naissance, soulignant l’absurdité de réduire une femme à un “coût” ou un “investissement”. Ensemble, ces mots et ces images forment un message puissant sur le respect, la justice sociale et la place des femmes dans la société sarde.
Une fresque engagée, où l’art devient voix et conscience.
Le texte, écrit en italien, est une confession poignante : un ouvrier raconte qu’il aurait préféré attendre encore des années plutôt que de commencer la vie de mineur, tant ce travail était dur et éprouvant. À Orgosolo, ces mots deviennent un témoignage mural, une mémoire sociale inscrite dans la pierre, rappelant la réalité des luttes ouvrières et la dignité de ceux qui ont travaillé dans des conditions extrêmes.
Une fresque forte, qui fait écho à l’histoire laborieuse de la Sardaigne intérieure.
Leurs silhouettes stylisées – robes simples, foulards, paniers portés sur la tête – évoquent les gestes du quotidien : le travail aux champs, les marchés, la vie domestique. Dans la culture sarde, ces femmes représentent la force tranquille, la transmission, la solidarité et l’équilibre du village.
En les peignant ainsi, l’artiste célèbre leur rôle central dans la société rurale, mais aussi leur dignité et leur présence intemporelle dans la mémoire collective de la Sardaigne.
Le texte, écrit en italien, reprend un témoignage retrouvé sur le mur d’un camp de concentration allemand. On y évoque des “scarpe rosse” — des petites chaussures rouges d’enfants — encore marquées du nom du camp de Buchenwald. À Orgosolo, ce poème devient une œuvre murale : un rappel puissant de l’horreur, mais aussi de la nécessité de ne jamais oublier.
C’est l’une des fresques les plus poignantes du village, où l’art de rue devient mémoire collective.
Ici, le visage peint semble émerger directement de la roche, comme si la montagne elle‑même donnait forme à ce personnage. Le bandit sarde n’est pas seulement un hors‑la‑loi : c’est une figure complexe, née dans les montagnes du Supramonte, symbole de résistance, de liberté farouche et d’injustice sociale.
Les couleurs vives et la main géante donnent à cette fresque une dimension presque légendaire, où l’homme et la terre se confondent. Une manière très Orgosolo de rappeler que les histoires du village sont intimement liées à son paysage, et que ses mythes semblent sortir de la pierre elle‑même.
CÔTE EST VERS LE NORD
CAPRICCIOLI
très très joli ce petit coin là, dommage nous sommes en mai et la température ne nous permets pas de nous baigner
ROMAZZINO
PORTO CERVO
BAIA SARDINIA
CAPO D'ORSO
SANTA TERESA DI GALLURA
CAPO TESTA
MONTE ORTOBENE
OLIENA
CALA GONONE
CALA FUILI
SURPRISES
Ristorante snack bar Da Boe
AU HASARD DE NOTRE ROUTE
Demain, il faudra rendre la voiture à l’aéroport, reprendre le bus jusqu’à l’hôtel,
puis terminer les derniers kilomètres à pied.
La boucle se referme doucement, comme un souffle qui s’apaise après la route.
Bye bye la Sardaigne.
On repart avec la lumière des criques, les villages peints, les chemins de pierre,
et cette impression d’avoir touché quelque chose de simple et de vrai.
Ce que l’on emporte dépasse toujours ce que l’on quitte.
✧ Merci d’avoir voyagé avec nous ✧
À bientôt pour de nouvelles escapades.